Up in smoke Festival 2017 : report jour 2

Une bonne nuit de repos, quelques cafés, le plaisir d'un papotage avec la bande de l'Oeil de Néron et Desert-rock et nous voilà prêts pour le deuxième jour du Up In Smoke.

12h30 tapantes (on est en Suisse, hein!!!), les Italiens de My Home on Trees sont sur scène avec la lourde mission d'ouvrir cette journée très dense en concerts. Un peu timide au début, leur set se déride au fur et à mesure et la superbe voix de Laura Mancini porte le groupe vers le non anodin. Un très bon début !
 

Sur la même scène arrivent les poitevins de The Necromancers. Leur premier album  Servants of the Salem Girl  m'avait bien tapé dans l’oreille. En live, leurs titres prennent encore plus d'ampleur, avec un groove renversant. Et tout leur set fut bluffant car le quatuor a une aisance, un aplomb digne des grands. Musicalement, leurs influences se sentent mais servent leurs compositions originales. Scéniquement, ils vont mettre en route cette journée de manière grandiose ! Un petit conseil : allez déjà écouter leur album, ensuite s'ils passent pas loin de chez vous, allez-y, vous passerez un sacré bon moment !
 

Après une telle entame et au vu de la longue journée qui nous attend, on zappe Satan Satyr qui n'est pas vraiment notre trip, pour une pause bien méritée "made in suisse" festival : saucisse, frites, bière…

C'est donc repus qu'on se retrouve devant la scène extérieure, pour un des moments que j'attendais avec impatience. J'avais déjà vu Zatokrev en première partie de Neurosis à l'Usine de Genève, où ils m'avaient impressionné. Étant plutôt rares en live, les voir programmés ici m'a réjoui. C'est donc collé à la scène que je me prends une grosse claque. Zatokrev, bien loin du stoner et affilié, donne au public une leçon de post-metal, lourdeur, violence, puissance. Le quatuor suisse n'a rien à envier aux grands anciens du genre, tant leur prestance sur scène impressionne. On voit des musiciens se faire plaisir, dérouler des titres, où toute boursouflure est exclue, où l’épique se fait au plus près de l'os, du gras sans chair… Quel dommage qu'ils soient si rares sur scène, quel bonheur d'avoir pu les revoir !
 

Direction la grande scène, où il fut difficile pour moi de rentrer dans le concert. Les Californiens Beastmaker font dans le gros riff bien hardos au solo trempé dans le gras, en veux-tu, en v'là. Une vraie prestance live à la ricaine, mais un peu éloignée de mes envies soniques primaires à cet instant de la journée…
 

Car sur la scène extérieure, se met en place un de ces ''autres temps'' que j'attendais impatiemment. Toner Low en live est une expérience à part. On se retrouve ici face à un mur du son chamanique qui entraine dans une vaporeuse lourdeur. Les magiciens hollandais ont la note psychotrope qui fait voyager vers un sabbat au trip coloré. Les amplis en mode maxi transe, ils enveloppent le public de leur lenteur de plomb et t'emmènent dans l'autre dimension de la musique… Oui cela fut une merveille, difficile de mettre des mots dessus, sinon de dire que Toner Low font partie de ces groupes d'exception qui rendre la musique vivante !!
 

L'esprit encore encotonné par toutes ces notes vibratoires, c'est avec un pas lent qu'on se dirige vers la grande salle pour voir Sons of Morpheus. Vu peu de temps avant au ''Volcano Session'', leur rock qui envoie de la note, passe bien dans ce grand lieu, où leur son se fait plus intense et dense. Une qualité certaine, mais manquant, pour moi, de ce petit plus qui entraine !
 

Rendez-vous ensuite devant la scène extérieure, pour la curiosité de ce festival, les Nippons de Church of Misery. Depuis 20 ans qu'ils tournent, ils ont une aura certaine dans la sphère stoner-doom, avec tout cet univers tournant autour de serial-killers et affidés. En plus, l'histoire récente du groupe serait digne d'une de leurs chansons épiques. Et là, on suit, SVP, oui, même vous là-bas au fond !! Le bassiste fondateur, Tasku Mikami, a viré tout le groupe et embauché des requins U.S pour un nouvel album. Puis, ils les a virés aussi et a embauché des musiciens japonais pour la tournée ! Un sacré bordel, oui, mais qui ne se ressentira pas, car devant moi va jouer une vraie machine de guerre. Entre le chanteur au charisme débordant, le guitariste d'une efficacité impressionnante, le bassiste à la tenue de basse si spéciale, ils vont mettre une ambiance folle et faire un concert digne de leur légende! Une très bonne surprise pour moi qui ne suis pas un aficionado du groupe !
 

   

Même pas le temps de souffler, que les Ukrainiens de Stoned Jesus entament leur show sur la grande scène. C'est toujours un plaisir de voir le trio en live. Vu ici même il y a deux ans, le groupe est bien plus efficace. Igor a une voix plus posée et juste, le groupe entier se la joue pro ! Mais j'ai moi l'esprit déjà ailleurs et laisse aller mon corps le rejoindre pour camper devant la petite scène.
 

C'est là qu'allait se produire LE GROUPE que j'attendais de pouvoir revoir, Lowrider. Souvenir ému et magnifique de ce concert au Hellfest en 2014, où les Suédois avait retourné la Valley. Et il ne fallut que les premiers accords de ''Caravan'' pour voir le Up in smoke chavirer lui aussi devant ces notes de sable. ''Ode To Lo'' a 17 ans, mais comme tous les très grands classiques, il se joue du temps, des critiques passées et Lowrider nous le couche sur scène avec une classe sereine. Tout le monde est là pour se faire plaisir, être dans une communion d'esprit où seule compte cette musique, née dans le désert californien et jouée par quatre gars venus du froid. On aura même droit à un inédit, prémices de ce nouvel album que le groupe nous promet depuis 17 ans ? On verra bien, toujours est-il que la fin du concert se fait avec un public hurlant pour que cela ne se finisse pas… Un très très grand moment.

Ce fut compliqué ensuite d'aller voir les Anglais d'Orange Goblin, se posait même la question de faire l'impasse, les dernières prestations de la bande à Ben Ward auxquelles j'ai pu assister ne m'ayant guère convaincu. Bien nous en a pris, de faire dans le professionnel (que nous ne sommes pas hein…) et d’aller quand même nous poser sur le côté car le groupe va, devant un z7 plein, nous donner une leçon en maitre es-cérémonie d'ambianceur ! Le quatuor fait parler le métier et la poudre, Ben War haranguant la foule, allant d'un bout à l'autre de la grande scène et rendant même un hommage à George A. Romero, avec la chanson ''They Come Back''. On a aussi droit à un ''wall of death'', une première pour moi en stoner ! Ils se paient aussi le luxe de déborder niveau temps et franchement personne n'a porté plainte !
 

Dernier groupe à passer sur la scène extérieure, Windhand fait partie des groupes que je suis. Même si leur dernier album ''Grief's Infernal Flower'' ne m'a pas plus convaincu que cela. Lors de leur dernier live, j'étais sorti mitigé, trouvant la chanteuse Dorthia Cottrell peu impliquée… Ce concert-là fut tout autre, hormis le problème récurrent de la voix sous mixée sur cette scène, la troupe de Richmond a su assouvir les dévots du gros son que nous sommes. Une dernière partie de gros doom parfaite dans un festival qui cette année n'en a pas été avare !
 

Direction la grande salle pour la clôture du festival, avec les vétérans doom, Saint Vitus. On va être clair, j'adore ce groupe, mais moi je suis plutôt canal Scott "Wino" Weinrich, pas vraiment Scott Reagers. Le père Wino étant toujours interdit en Europe à cause de son arrestation en Norvège en 2014 pour détention de produit dit "illicite", le groupe est revenu à son premier chanteur. En plus, surprise, le nonchalant Mark Adams n'est pas là non plus, remplacé par un bûcheron à la basse (qui se révéla être Patrick Bruders officiant chez Crowbar et Down). Cela faisait beaucoup, même Dave Chandler d'habitude si expressif ne bouge pas… Au bout de trois chansons, on s'est éclipsé, préférant garder ce souvenir d'un précédant live où les deux compères Wino et Dave ont fini le concert dans la fosse et devant le bar à partager une bière !
 

Et voilà, fin du Up In Smoke 2017. Et on pense déjà à celui de 2018 avec envie…
A vous les studios la Dark Lodge et à très vite pour de nouvelles aventures dans ''l'autre metal'' ! 😉

Un grand merci à l'organisation, Sound of Libération ! www.soundofliberation.com

 

Signé : Le Révérend pour les textes, Didier Coste dit "Meister Didoom" pour les photos.

 

Up In Smoke 

https://www.upinsmoke.de
Report du Jour 1 : http://www.thedarklodge.fr/up-in-smoke-festival-2017-report-jour-1/

My Home On Trees
https://www.facebook.com/myhomeontrees/
https://myhomeontreesband.bandcamp.com/

The Necromancers
https://www.facebook.com/thenecromancersband/
https://ripplemusic.bandcamp.com/album/servants-of-the-salem-girl
Satan's Satyrs
https://www.facebook.com/satanssatyrs/
http://satyrs.bad-omen-records.com/
Zatokrev
https://www.facebook.com/ZATOKREV/
https://zatokrev.bandcamp.com/
Beastmaker
https://www.facebook.com/Beastmaker/
https://beastmaker.bandcamp.com/
Toner Low
https://www.facebook.com/tonerlow/
https://tonerlow.bandcamp.com/
Sons of Morpheus
https://www.facebook.com/sonsofmorpheus/
https://sonsofmorpheus.bandcamp.com/
Church of Misery 
https://www.facebook.com/churchofmiserydoom/
http://www.churchofmisery.net/band.html
Stoned Jesus
https://www.facebook.com/stonedjesusband/
https://stonedjesus.bandcamp.com/
Lowrider
https://www.facebook.com/lowriderrock/?ref=br_rs
https://lowriderofficial.bandcamp.com/releases

Orange Goblin

https://www.facebook.com/orangegoblinofficial/

http://www.orange-goblin.com/

Windhand

https://www.facebook.com/WindhandVA/

https://windhand.bandcamp.com/

Saint Vitus

https://www.facebook.com/saintvitusofficial/

http://www.saintvitusband.com/

 

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