Nonsense: Interview @ l’Illyade

Les NONSENSE étaient à l’Illyade, partageant l’affiche avec Anna, Buy Jupiter et Titans Fall Harder. La Dark Lodge était sur place pour les rencontrer.



Vegvisir: Premières réactions à chaud sur ce concert où vous avez joué une bonne demi-heure très énergique! Qu’est ce que vous en avez pensé?

Olivier: C’était cool de jouer dans cette salle, qui est super belle, qui est grande, où il y avait déjà du monde dès le départ donc c’est cool. On a bien profité malgré l’absence d’un de nos guitaristes ce soir qui va être papa d’un moment à l’autre. Un très bon moment avec tout le monde et je crois que c’était le cas pour nous tous!!!

Vegvisir: Ce soir la Dark Lodge est en direct de l’Ilyade pour vous présenter le groupe NONSENSE!!! Nous sommes avec quatre membres du groupe. Je vous laisse vous présenter.

Romain: Romain bassiste
Olivier: Olivier chanteur
Max: Max batteur
Seb: Seb à la guitare
Thibault: Thibault au son

Max: Ouais ça s’est très bien passé!! On y est allé un peu rock’n’roll. Il y a eu des petits soucis techniques mais ça c’est pas grave ça fait partie du jeu et je pense que du coup on s’est d’autant plus lâché et on a kiffé!!! Voilà tout simplement.

Seb: Je ne sais pas trop quoi rajouter à part qu’on a eu un public super attentif dès le départ  et présent. On n’a pas une salle trop vide, les gens étaient vraiment à l’heure et puis avec des sourires jusqu’aux oreilles et puis vraiment attentif. J’étais surpris de voir que ça communiquait dans les deux sens, c’était vraiment agréable!!

Vegvisir: En plus les Titans Fall Harder et Buy Jupiter étaient invités aussi à votre release party donc vous étiez un petit peu en terrain conquis. Ca vous a mis à l’aise pour le concert? Ca a changé quelque chose pour vous?

Olivier: On a fait la release party de tout le monde, celle de Buy Jupiter tous ensemble avec Titans Fall Harder et la nôtre aussi. On est liés du coup et on boucle la boucle ce soir avec ce concert.  Ca fait plaisir et on est avec des gens qu’on connaît donc il y a une bonne ambiance! Je suis des fois assez timide, peut-être que ça se voit pas sur scène mais dans la vie c’est un peu ça, donc ça fait plaisir de partager ces moments avec là avec des copains!!!

Vegvisir: C’est votre deuxième gros concert avec d’autres groupes. Est-ce que comparé au premier avec textures c’est mieux, moins bien? Et le fait d’être à quatre seulement aujourd’hui, est-ce que ça a un petit peu changer les choses?

Romain: C’était pas la première fois qu’on jouait à quatre, on a déjà eu des problèmes d’absence donc on savait faire et on s’était préparé et on avait de quoi combler ce qui manquait musicalement. Par rapport aux autres grosses dates qu’on avait pu faire c’est surtout que là il y avait aussi la découverte de Grenoble. C’est la première fois qu’on joue sur Grenoble on connaît pas du tout le public et puis a priori ils doivent pas nous connaître non plus, mais bon ça s’est passé!

Vegvisir: C’est votre deuxième EP et ce qu’on a réalisé en écoutant les deux c’est qu’il y a déjà deux styles différents: un premier avec même une chanson un petit peu trash death et un deuxième quand même plus mélodique. Est-ce qu’on peut s’attendre encore à quelque chose d’un peu différent pour le prochain ou est-ce que vous pensez avoir trouvé votre style et continuez comme ça?

Seb: C’est difficile de dire qu’on va s’arrêter sur quelque chose. Evidemment je crois que le deuxième trouve un équilibre un petit peu plus posé sur la longueur. Je pense que ça se sent, c’est flagrant en termes de fluidité. Sur le prochain on peut pas trop prévoir puisqu’on se remet actuellement à la compo pour la suite des événements. Ce qui est sûr c’est que l’on commence à avoir certaines convictions par rapport à ce qu’on sait faire, ça c’est évident! On sait qu’il y a des choses, sans parler de limite,  qui marchent bien, qu’on sait faire et sur lesquelles on va s’appuyer. La qualité mélodique, il la faudra c’est sûr et de l’autre côté, par contre, le nerf de la guerre, le riff, l’agressivité qui peut y avoir dans la rythmique, dans le son, Thibault sais de quoi je parle, la dynamique, l’attaque, là il y aura quelque chose à confirmer.

Vegvisir: Tu parlais justement dans ta réponse de composition, comment vous fonctionnez pour la composition des nouvelles chansons

Olivier: On est toujours en train, avant tout, de chercher des riffs d’avoir un truc qui tabassent. Sur le premier EP j’étais arrivé assez tardivement avec le texte mais sur le nouveau je suis arrivé un peu plus vite et du coup j’ai pu y méler le concept que je voulais. J’ai réussi à développer le propos sur la composition et l’idée c’est que ça se rejoigne de plus en plus. j’aimerais même, les prochaines fois, arriver avec les textes en premier parce qu’on cherche aussi une dimension cinématographique, on essaye de raconter quelque chose donc le texte va être très important et facilitera la composition.

Seb: Je parlais du lien entre le texte et la musique. Le concept, quand il vient suffisamment tôt, va aussi amener quelque chose pour trouver un visuel, un espèce d’univers, des couleurs qui ont agi sur le choix qu’on a pu faire, sur les photos, sur le clip et sur l’attachement au public.. Je pense que si le deuxième EP est un peu plus fluide c’est qu’il y a une participation plus collective et plus facile du fait d’avoir la matière littéraire, entre guillemets, avant la musique. Je pense que c’est ce qui a vraiment aidé.  C’est pas le cas 100% du temps, on met pas la musique sur les mots à chaque fois, mais par contre, les deux sont très interactif et du coup tout le monde arrive à mettre un petit peu de soi dans ces intervalles de compos. C’est vraiment sympa!!!

Vegvisir: J’aimerais bien demander quelques explications en plus sur le projet du groupe décrit sur votre la page. Vous dites que: « NONSENSE c’est faire et défaire, retourner le sens des choses pour révéler l’absurdité de notre société ». Est-ce que vous pouvez nous dire un peu plus comment vous mettez ça en pratique dans la composition, dans votre façon d’interpréter les chansons, etc..

Olivier: Déjà faire et défaire des choses au niveau de notre musique, c’est de retourner la rythmique, c’est d’avoir des mesures asymétriques, c’est d’avoir un truc un peu complexe qui bouge. Au niveau des textes, pour révéler les absurdités, l’idée était de dénoncer des choses sans pour autant revendiquer contre un gouvernement. C’est plutôt pour dénoncer les états de fatigue et dans lequel on est, le manque de confiance en soi qu’on peut sentir, j’ai l’impression qu’on est tous dans le rush et on est fatigué de ça. C’est quelque chose que je ressens et j’ai l’impression que tout le monde le perçoit. J’ai l’impression que les gens se reconnaissent un peu dans le fait de dénoncer cette absurdité, ce caractère invivable de notre époque.

 

Vegvisir: J’avais encore une question reliée à se faire et défaire. Est-ce que c’est une des raisons qui explique le nom de votre groupe, le fait que le titre des albums soit marqué à chaque fois à l’envers et qu’il y a une lettre dans le nom du groupe qui est aussi à l’envers ?

Seb: Le paradoxe, l’absurdité dont parlais Olivier, c’est le cœur du projet donc on le retrouve un peu symbolisé à droite à gauche, dans les structures des morceaux, dans le nom du groupe, dans les reprises de thème qu’il peut y avoir à l’intérieur des morceaux en terme de compo. Je pense que c’est assez inhérent au genre, de devoir prendre du temps pour mûrir les trucs et se permettre de les développer. En laissant poser il se passe des choses en général qui sont assez magiques. Donc la réflexion c’est ça en tout cas dans le développement de la composition en général et puis dans l’absurdité, dans les oppositions qui va dans les textes et on le retrouve effectivement dans le visuel.

Vegvisir: Dernière question sur ce thème. Vous parlez aussi sur le site d’un personnage fictif qui symbolise cette absurdité et vous mentionnez qu’il revient en fait dans les deux EPs. Est-ce que c’est quelque chose qui va rester? Est-ce que ça fait partie du cœur du groupe? A priori va-t’il rester présent dans les prochains EPs, albums ou va-t’il potentiellement disparaître ?

Olivier: On n’a pas encore de réponse. On se laisse le temps de composer des choses, d’écrire des choses. Donc on verra mais je pense tout de même qu’il y aura toujours ce personnage parce que c’est bêtement ce que je ressens. J’ai l’impression de subir un peu ce genre de truc, j’essaie de dire ce que je ressens aussi un petit peu, donc forcément à travers un personnage c’est très bien, ça fait un fil conducteur, ça fait une histoire d’un personnage à qui il arrive des trucs. Il restera a priori parce qu’on continuera à raconter des histoires comme ça.

Nikky: Est ce qu’il y a un morceau dans lequel chacun, vous vous retrouvez spécifiquement? C’est à dire, voilà moi c’est celui-là que je préfère jouer…

Seb: Je pense qu’effectivement, il se passe un truc à certains moments. Quand il y a un apport particulier d’un des membres du groupe sur une compo en particulier, il y aura peut-être un attachement sur une idée qui est sortie à un moment donné. Sur le texte en lui-même, peut-être qu’on a une lecture assez différente, en fait je pense que c’est tout le
sujet de la subjectivité en général, dans l’art la musique etc…  on n’a pas tous la même lecture de la chose.   Mais sur le processus de compo, il y a toujours des souvenirs comme ça, des sourires « ah! ça je m’en souviens… ça c’était cool… ça c’était un beau moment… on l’a fait ensemble… là, j’ai proposé l’idée… ». On voit qu’il y a un attachement particulier, peut-être aussi des réussites ou des déconvenues sur scène avec le recul. Et à la base, comme on a un processus assez collectif, à partir du deuxième EP ça c’est vraiment confirmé. Il y a ce genre de petit attachement, pure, vraiment lié à l’investissement de chacun des membres du groupe sur une compo, sur un passage en particulier. Le fait d’avoir, par exemple, c’est rigolo, quelque chose qui ne nous appartient pas ou à moitié, c’est par exemple le solo de Joe Tal de Textures sur le dernier titre de l’EP, à part avoir créé le contexte sur lequel il l’a sorti, c’est pas à nous et du coup on admirerait presque, et là il y a un détachement par exemple. Alors que d’autres riffs  qui ont pris des heures par exemple, étaient beaucoup plus réfléchis ou un plus introspectifs,et  là on a une autre approche. C’est à nous à des moments et un peu moins à nous à d’autres. C’est tout l’intérêt, le discours instrumental tourne. Si on regarde bien l’intérêt de la musique n’est pas toujours un endroit, des fois c’est dans la rythmique, des fois c’est dans le thème, des fois c’est uniquement le timbre de la voix. Ca se balade. C’est ça qu’on essaie de développer, comme presque de la musique acoustique en fait, qui s’écouterait comme ça. Les choses qui se baladent, c’est pas monolithique. On se veut pas trop réducteur et on laisse aller toutes ces petites choses. L’interprétation est vraiment, je pense, fondamentale. Il faut qu’elle soit là très tôt.

Vegvisir: Dernière question sur les deux EP. Ils sont assez sombres au final. Est-ce parce que vous voyez le monde de façon pessimiste? Ou vous restez quand même optimiste malgré, justement, le côté sombre des EPs?

Olivier: C’est vrai que le constat est assez alarmant. Il y a des choses qui reviennent aussi. Notre cerveau est vraiment pris d’assaut politiquement, écologiquement …  Il y a qu’à faire défiler un mur facebook pour être culpabilisé de 15 mille trucs à la fois  » l’antarctique c’est trop tard »,  » les manchots il y en a plus » et la politique n’en parlons pas. On peut être que pessimiste. Après, c’était le but de ne pas dénoncer des choses comme ça de manière frontale. C’était au contraire, si on dit un peu la vérité le fait qu’on se sent tous un peu en dedans, c’était de se dire « bon les gars, on se sent pas super bien, il faut remettre les choses sur la table et peut-être que ça nous permettrait de repartir du bon pied ». Il y a ce constat alarmant, mais il y a cette idée de quand même garder un certain optimisme, un certain espoir, et de vider son sac.

Vegvisir: Pour changer de sujet, vous l’avez justement mentionné pendant le concert. Vous avez participé au tremplin The Voice of Hell. Comment ça se passe, est-ce que vous avez un peu une idée des résultats?

Romain: On est encore 250 groupes en lice. On n’a aucune idée de qui est le premier, qui est en avance, qui est en retard. Pour le moment, c’est que du vote sur la page du tremplin. On espère que les gens vont continuer à nous soutenir. On a eu plein de supers retours, et on a une fanbase entre guillemets qui est super, et qui nous soutient à fond, c’est super cool. Là, si on arrive à atteindre les 50 groupes avec le plus de votes, après ça sera uniquement sur jury. Plus de systèmes de vote, c’est le jury qui déterminera qui jouera au Hellfest. [Le groupe a depuis été confirmé comme étant dans les 50 finalistes NDLR]

Romain: On est encore 250 groupes en lice. On n’a aucune idée de qui est le premier, qui est en avance, qui est en retard. Pour le moment, c’est que du vote sur la page du tremplin. On espère que les gens vont continuer à nous soutenir. On a eu plein de supers retours, et on a une fanbase entre guillemets qui est super, et qui nous soutient à fond, c’est super cool. Là, si on arrive à atteindre les 50 groupes avec le plus de votes, après ça sera uniquement sur jury. Plus de systèmes de vote, c’est le jury qui déterminera qui jouera au Hellfest. [Le groupe a depuis été confirmé comme étant dans les 50 finalistes NDLR]

Vegvisir: A part le Hellfest potentiellement, est-ce que vous avez d’autres dates de prévues ?

Romain: On a des plans, mais rien d’officiel et on peut rien dire ! Il y a des trucs qui sont de notre volonté. Ça va dépendre donc de nous. Est-ce qu’on choisit de le faire ou pas. Il y a des choses, est-ce qu’ils sont ok ?  Pour le moment, que des pistes!

Seb: On va un peu hiberner, mais on va quand même pas rien foutre. On va faire un peu de vidéo, en profiter pour faire vivre le groupe sur la toile, parce que c’est un peu le nerf de la guerre aujourd’hui. On pensait faire un clip aussi, ça va nous prendre du temps. Et puis, continuer à écrire parce que faut pas qu’on débande! On y va à fond.

Vegvisir: Est-ce que vous avez un rituel spécifique avant de monter sur scène ? Attention, j’ai vu quelque chose pendant le réglage son donc j’attends d’entendre votre réponse?

Max: Qu’est ce que tu as vu ? Tu peux nous dire hors antenne ?

Vegvisir: Pourquoi faire le réglage son en chaussettes ?

Olivier: C’est moi… En fait, je fais beaucoup d’exercices de détente. J’essaie d’ouvrir un peu le corps au maximum, c’est pour le chant tout simplement. Je me sentais un peu bloqué dans les shoes donc je les ai enlevées, tout simplement. L’idée c’était de me mettre bien tout simplement. Mais, je fais pas ça à chaque fois, je crois même que c’est la première fois. 

Vegvisir: Un petit mot de fin ?

Max: On a parlé de lui quelques fois, mais on n’a pas dit son nom : Raph. Un autre guitariste, on pense toujours à lui. Le temps qu’il soit papa et puis il reviendra vite de toute façon!  Sinon merci Grenoble, pour une première c’était franchement cool. On espère revenir bientôt !

Tous: Merci merci à tout le monde, merci à tous, des gros bisous.

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Un grand merci aux Titans Fall Harder
à Metallian Productions et à l’Illyade



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