Marduk + Valkyrja + Attic @ CCO Villeurbanne. 28 avril 2019

Dès 19 heures, les abords du Centre Culturel Oecuménique se peuplent de silhouettes noires, se rassemblant pour la date lyonnaise de la tournée Viktoria, L’impatience est palpable, je sais les Grenoblois nombreux à avoir remplis des voitures en covoiturage.
A 19h00 pétantes, les barrières cèdent et la foule se déverse dans les lieux, familiers aux dates organisées par Sound Like Hell Productions. Je passe très vite devant un merch’ très achalandé, et découvre une scène apprêtée comme une cathédrale. Attic assure la première partie. Je ne vais pas vous cacher ma curiosité tant les albums de ce groupe allemand m’ont captivée !
À 19h30, Attic entre en scène, décor symétrique et très chargé : chandeliers, hautes tentures ésotériques, encens, candélabres, crânes… Le chanteur entre enfin en portant une croix de procession… à l’envers, bien sûr.

Et c’est parti pour quarante minutes de très haut niveau musical. Le marqueur du groupe ? Sa filiation évidente avec Mercyful Fate, la voix suraigüe de King Diamond ou à la Portrait, des airs pleurnichards à la In Solitude des débuts. Une voix de falsetto qui divise radicalement les présents : soit on est hermétique aux suraigus, soit on apprécie les larges envolées chromatiques, le timbre siffleur du chanteur. La setlist pioche dans les 2 albums du groupe, mais surtout le dernier Sanctimonious dont le titre éponyme ouvre la cérémonie. S’ensuit un morceau fétiche des débuts « Satan’s Bride » puisque déjà présent dans le split de 2012 avec Walpurgis Night et repris majestueusement dans The Invocation sorti la même année. Moi qui suis fan, je suis comblée avec ces nombreux titres du dernier opus : « The Hound of Heaven »,  » Dark Hosanna » plus magique que jamais, un  » There Is No God » carrément transcendantal. Tout au long du set, les musiciens font preuve d’une grande technique musicale et d’une bonne présence sur scène. Meister Cagliostro se retourne entre chaque titre vers son autel personnel où brûle encens et myrrhe. Il ingurgite calmement le contenu d’une bouteille floutée. Comme un rituel de recentrage de l’énergie. Malgré les grands atours décoratifs d’Attic, point de démesure, point de surjeu, point d’emphase.


On est loin de ce qui fait le succès de Behemoth, Batushka ou Ghost qui œuvrent avec le même type de décorum d’inspiration religieuse, mais en rajoutent des pelletées entières d’anticléricalisme ! Le public, pas encore aussi nombreux que par la suite, est tout ouïe. Enfin, arrive l’heure du dernier titre : « The Headless Horseman », tiré de la 1ère démo et réenregistré sur le dernier album. Attic pensait peut-être nous filer des cauchemars avec cette légende du chevalier sans tête, ce spectre à l’apparence de cavalier décapité et errant dans la nuit. Mais non, c’est plein de mélodies ésotériques et heavy que je sors du set… Le chanteur repart avec son crucifix. Mais, je garderai longtemps en mémoire ses notes, son jeu physique et vocal.
Attic reparti, c’est maintenant que les choses se corsent…

Valkyrja : Les Suédois arrivent sur scène d’un pas cadencé devant des spectateurs à l’affût des premiers coups de canons. Un son gras, nerveux et agressif se déverse sur le public, la tension expose. Grimés de blanc et de noir, les Blackeux s’en donnent à cœur joie en redoublant de vélocité et de brutalité. Les effets sont immédiats sur une partie du pit qui s’agite de plus en plus. Visuellement, c’est le grand jeux de lumières qui changent de couleur à chaque morceau, à grands renfort de fumigènes. La came délivrée est un black metal carré et violent dans la pleine veine des premiers Watain, A la différence près que Valkyrja veut faire respirer l’audience en alternant mid-tempos et changements d’atmosphères avec des riffs de thrash bien tranchants. Le combo nous replonge dans l’album Throne Ablaze (2018) avec les excellents titres
« Crowned serpent », « Opposer of Light », « Throne Ablaze », mais aussi aux précédents albums comme The Antagonist’s Fire «  Madness Redeemer », ou encore des tout-débuts avec « Frostland »  » . Le chant mélodique du frontman contrebalance la violence de la batterie et des guitares, les rendant encore plus percutantes dans les partis instrumentales.


Un show qui fait chauffer dangereusement l’atmosphère du CCO… Bravo à Valkyrja pour ce set parfait. Les fans des albums n’auront pas été déçus.

21h30, le char d’assaut Marduk décide de piétiner les 252 paires d’esgourdes du CCO. La troupe de Morgan entre sur le front sur fond de musique martiale, la machine de guerre est en marche.

Marduk vient promouvoir son dernier album Viktoria, les morceaux mettent rapidement le pit en transe, même les plus timides voient leur pouls cavaler,

Les bienfaits de la musique martiale se font immédiatement ressentir sur le public, l’enthousiasme est sincère. A l’attaque, avec un triptyque mortel constitué des grands classiques “Panzer Division Marduk”, “Baptism By Fire” et “Werwolf”, qui suffisent à eux 3 à mettre à genoux les plus tenaces des soldats du pit, dont certains déjà sont torse nu. Et ça enchaîne « The Levelling »,  » Cloven Hoof », « World Funeral » Sur la  » Deathmarch » un blessé est sorti du pit, une fan en transe aguiche le chanteur. L’enchainement  » Throne of Rats »- » Burn My Coffin » mène à son paroxysme les ardeurs du public. Pour ma part, je suis comblée par un majestueux  » Frontschwein « , le morceau de l’avant-dernier album qui m’avait tapé dans l’oeil.

Le guitariste délivre une section rythmique carrément orageuse.
Le charisme martial de Mortuus contribue pour beaucoup à exciter les fans les plus radicaux du groupe. Sans blabla entre les morceaux, il réussit néanmoins à exhorter le public. Note pour moi-même : Nouveau batteur = mitrailleuse d’élite.

Après la dernière note de « Wolves », il reste une sensation d’inachèvement, de départ précipité. Pourquoi le groupe est-il parti si brutalement, sans un au-revoir? ni un rappel contrairement à d’autres dates ? Toutes les hypothèses germent dans la tête des fans. Peu importe, MARDUK reste MARDUK.

Une soirée dense où la tête d’affiche a perpétué sa légende et a donné tribune à de plus jeunes formations douées pour réveiller les spectres de King Diamond ou du black le plus extrême.

Un grand Merci à Sounds Like Hell Productions.
Site officiel Marduk : http://marduk.nu/
Site officiel Valkyrja
Site Attic https://www.facebook.com/atticfuneral/

Photos & textes Walkyrie avec l’aide de Franang pour la retouche photos.


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