6:33 @Divan du Monde 20/04/2017

Musique folle piochant aussi bien dans les bandes originales de film que le metal extrême, les compositions de 6:33 sont un vent de fraîcheur dans un univers où l’originalité n’a pas toujours son mot à dire. Bien que Deadly scenes, leur génial troisième album, soit sorti il y a deux ans, c’est avec impatience que nous passons les portes du Divan du monde pour le Asylum Picture Show 2.0. Pour quelles raisons ? La réponse ci-dessous.

Avant d’attaquer les hostilités, revenons deux minutes si vous le voulez bien (et si vous le voulez pas non plus, c’est moi qui écrit, c’est moi qui décide) sur les premières parties.
Malemort a l’honneur d’ouvrir les hostilités avec leur Metal Libre… Dénomination donnée par le groupe à sa musique, qui pioche aussi bien dans le thrash que le punk et le heavy avec un chant en français intéressant. Ca swingue, ça sent bon les années 20, et leurs titres sont faits pour être joués sur scène. En un peu plus de 35de quarantes  minutes, c’est un joyeux bordel rococo qui s’empare du Divan du monde,  une salle qui sied parfaitement à leur musique.

Des titres comme "Cabaret Voltaire", "Carnaval Cannibale" ou encore l’excellent "Ball Trap", extrait du dernier album éponyme, sont des petites tueries qui prouvent que Malemort a encore beaucoup de choses à dire et que c’est sur scène qu’il faut venir les entendre !

Après un rapide changement de plateau, l’aridité du désert algérien emplit l’air du Divan. Acyl déboule sur scène armé de son folk metal aux tonalités moyen-orientales, apportés par l’utilisation de derbouka,  de luth, de guembri et de tambourins. Ceux-ci contrastent avec bonheur aux hurlements d’Amine et aux tonalités violentes, parfois Death Metal, qui émanent des compositions du groupe.

La foule, en délire, ne se fait pas prier pour se défouler sur un set de 45 minutes,  qui pioche équitablement entre les deux excellents albums du groupe. C’est donc trempé de sueurs après les subtiles notes de Luth sur Ungratefulness que nous finissons ce concert dantesque, qui aurait pu se placer en tête d’affiche de n’importe quel plateau.

6:33 nous avait teasé pendant plusieurs mois avec ce nouveau show, baptisé Asylum Picture show 2.0 et c’est un changement de plateau tout ce qu’il y a de plus bizarre qui se fait. En effet, la mise en place d’un énorme totem triangulaire au milieu de la scène nous pose bien des questions.

Et après une attente longue, très longue, les lumières s’éteignent tandis que résonne les premières notes de Hellalujah. Mais point de Rorschach sur scène, le totem est en fait un écran qui projettent le cantique Gospel introduisant le morceau !

Quel surprise donc de voir cet élément au centre de la scène, partie intégrante du spectacle ! Les projections interagissent avec le chanteur Rorschach, tandis que le travail sur les lumières et l’ambiance sont impressionnantes. Spots au sol (qui ne résisteront pas à l’assaut des slammeurs sur scène), cadre réfléchissants derrière chaque membre, l’ambiance est épileptique, quasi burtonienne.

On est en plein milieu d’un univers entier et réfléchi, à la fois burlesque et profondément malsain. Les masques des différents musiciens permettent ainsi de s’immerger dans cet univers où Rorschach est mis en avant. Gestuelle improbable, courses désarticulées, la panoplie physique du chanteur s’imbrique parfaitement dans ce concept fou… Mais bien moins que sa voix, véritable couteau suisse du chanteur de Metal. Hurlements, voix clairs, growls, c’est un véritable travail d’équilibriste auquel se livre Rorschach, sans jamais tomber dans le ridicule.

Car musicalement, 6:33 envoie du très lourd, avec des compositions complètement barrées, où la violence rime avec folie et où le groove, jamais loin, n’attend que de faire remuer les âmes damnés qui assistent au concert !

Que ce soit sur le langoureux I Like It, le ravageur Ego-Fandango ou encore le monstrueux Orphan Of Good Manners, le public est incontrolable, totalement captivé par la fougueuse aliénation qui s’émane de 6:33. On passera rapidement sur les débiles qui considèrent qu’une fosse est un lieu pour taper gratuitement les gens, et on ne retiendra que cette folle ambiance et cette synergie qui se fait entre le public et le groupe.

En deux albums et un EP, 6:33 s’est taillé une solide réputation dans le milieu du metal français. Mais peut-être leur manquait-il ce concept pour donner vie à cette musique bariolée et au combien originale !

Car aujourd’hui, plus que jamais, 6:33 est un groupe à voir en live, lieu où leurs chansons prennent encore plus d’impact.  

Ce 20 avril était donc un spectacle impressionnant, qu’il ne fallait pas rater, et on l’espère vraiment, le début de grandes choses pour 6:33 avec ce fabuleux Asylum Picture Show 2.0 !

 

Et avant de finir, un dernier petit mot pour l'organisateur 33 Degrees d'avoir su prendre des risques en proposant un tel concert ! 

Report signé : Le Renard.

 

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Divan du monde

 

Ecouter l'interview de Rorschach (voix) et Niko (guitares) au Hellfest.

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