In Theatrum Denonium 2018 @ Denain (France) : report

In Theatrum Denonium :  acte III

Loin des préjugés socio-économiques, je me rends aujourd'hui à Denain, commune des Hauts de France à quelques encablures de Lille.
Si son nom ne vous dit rien, Denain eut pour maire notre homme politique préféré, Patrick Roy. Après son départ et l'arrêt des Metallurgicales dont il fut l'instigateur, il fallait faire perdurer son œuvre. Forte de ce constat, l'association Nord Forge a décidé, il y a 3 ans, de créer le festival In Theatrum Denonium. Ce nom ne doit rien au hasard puisque le cadre du festival est le théâtre municipal de la commune, chef d’œuvre d'architecture doté d'une acoustique à couper « les oreilles », la troisième de France.  
Après les deux premiers actes, qui ont vu défiler des groupes comme Enthroned, Melechesh, Regarde Les Hommes Tomber ou encore The Great Old Ones, nous voici arrivés à l'Acte III.


Quand les portes s'ouvrent à 17h30, il y a déjà du monde à l’extérieur.
Entrée et mon pass en poche, j'en profite pour faire un état des lieux. Le théâtre est splendide, les stands de « merch » fourni et le festival est sold out depuis plusieurs semaines. Que demander de plus ? Ah oui la musique. Du coup,  ce soir se produisent en tête d'affiche des petits groupes en devenir :  Inquisition et Septicflesh. On pourra aussi apprécier Furia, Odious (qui viennent d'Egypte) et un featuring de N.K.R.T. (inclassable musicalement) accompagné de deux danseuses burlesques. La curiosité me pique.. 


Trois coups de bâton, le rideau se lève, place à la messe des morts, place à la grande danse macabre 

Il est 18h30 quand le rideau se lève dans un silence assourdissant. N.K.R.T entre en scène. Au milieu de celle-ci, Rotamagus (de son nom), se tient, tel une ombre obscure, derrière un autel où trônent, ossements, bougies et cloches. Il psalmodie, ritualise, puis 2 silhouettes apparaissent de part et d'autre de la scène. Elles portent une toge et un masque vénitien. Dans un ballet lancinant, mis en exergue par la prestation vocale du Sieur, les danseuses du Cabaret du Cœur Fendu se laissent aller à une danse complice et suggestive. Le claquement des os et le tintement des cloches ajoute une note mystique à cet atmosphère des plus étrange. La performance est audacieuse, mêlant rituel profane et burlesque vampirisant. L'expérience prend fin, les applaudissements sont discrets, presque gênés. Le public est stupéfait. Une très bonne entrée en matière.

A peine remise de mes émotions qu'Odious entame son set. Le groupe égyptien, dont l'existence m'était totalement inconnue (on ne peut pas tout connaître non plus), se fendent d'une énergie somme toute  communicative. Ils déversent un son Death/Black avec une touche orientale, tel un  une oasis au bord de l'assèchement. 
Mêler sonorités orientales et Metal est définitivement une bonne alchimie. Le pit, aménagé pour l'occasion, se remplit au fur et à mesure que le quatuor martèle avec une redoutable efficacité. Même moi, assise confortablement, hésite à me joindre à eux. A noter que le théâtre mérite amplement son statut de 3eme acoustique de France, tant le son limpide est distribué de la plus belle des manières. Le concert s'achève, le groupe est ravi de l'accueil reçu et remporte l’adhésion du public avec succès

En attendant l'arrivée de Furia, Didier, mon partenaire photographe et  moi allons prendre la température hors de la salle. Nous avons peine à nous frayer un chemin tellement la foule est compacte et massive. Je croise ça et là des visages familiers. Le bar est pris d'assaut, les gens sont contents de faire parti de cette fête diabolique. Mais pas le temps de s'éterniser, il nous faut rejoindre nos places. 
Et au vue du monde amassé devant la scène, il me paraît plus judicieux de rejoindre le balcon afin de profiter du reste du festival au maximum.

Au fur et à mesure que la soirée avance, la chaleur et la sueur se font ressentir. Il est temps pour Furia de faire monter une pression déjà à son paroxysme . 
C'est avec une foule déjà conquise que Furia entre en scène. Après une longue introduction, histoire de nous chauffer à blanc, le combo polonais sortent l'artillerie lourde. Nul besoin de préciser que Furia fait parti de ces excellents groupes de Black Metal que seule La Pologne peut nous offrir. 
J'avais déjà vu Furia lors du Throne Fest (B) l'année dernière, et je dois avouer que leur performance ne m'avait pas séduite. Oui mais ça, c'était avant… Le groupe se donne à 200 % et nous offre une prestation de très haute facture. Le pit devient fou et moi, je me surprends à headbanger tout en écrivant ces lignes. Satan a investi le théâtre, nul n'en sortira indemne.

Stands de Merch, bars, fumoir, hall, escalier, tout est « noir » de monde. Sold-out oblige, les bénévoles sont aux petits soins pour les festivaliers. 

Il reste 2 groupes à entendre et en attendant la tête d'affiche Septic Flesh, c'est Inquisition qui nous fait l'honneur de sa présence.
L'organisation redoutait son absence du fait de leurs récents déboires. Ils ont malheureusement subi, en quelques jours, un problème logistique et un  autre médical. Mais ce soir, ils sont là et bien là. Le duo américain/colombien, c'est selon, ne nous laisse aucun répit, tant la puissance de leur jeu est suffocante. Imaginez un char d'assaut tout détruire sur son passage, Inquisition ce soir, c'est à peu près la même chose. Riffs tranchants, blasts percutants, tout y est. 
Fin de set ? Et non !! Ils reviennent jouer un dernier morceau histoire de  nous dire : On est pas venu faire de la figuration alors on vous en met plein la gueule une dernière fois. Que dire après ca ?? Bah rien !! Juste « Putain c’était trop bon !!! »

Le théâtre a désormais des allures d'Enfer sur Terre. J'ai besoin de prendre l'air, fumer une clope et m'enquérir d'un tshirt Inquisition comme marque de support et de soutien. 

23 heures sonnent le glas. Septicflesh se présente à ses ouailles. Le groupe grec est très attendu ce soir.
Arrivés sous les fumigènes, le groupe de Death Symphonique se fond littéralement dans le contexte du théâtre. Sans nulle autre forme de procès, la musique me transcende, me transperce. N'étant pas particulièrement fan du groupe, c'est Frédéric Cotton, l'organisateur du festival, qui m'avait conseillé d'écouter leur dernier opus Codex Omega afin de me faire une idée. J'ai accroché directement. 
Les voir en live est donc pour moi une forme de « dépucelage athénien ». Le pit, déjà fou pendant Inquisition, est à présent hors de contrôle. Et moi du haut de mon balcon, je suis littéralement subjuguée par leur jeu de scène. J'en perds mon grec..euh mon latin. Le concert s'achève en une immense chorale au son de Anubis, peut être un des seuls morceaux que je connaisse. Septicflesh sur scène, c'est jubilatoire. Dans cette frénésie, je n'ai même pas remarqué que Didier m'avait rejoint  au balcon. Oubliez tout ce que vous savez sur le Metal Symphonique. Finis les préjugés, je suis extatique. Pour moi, La Grèce était synomyme de Rotting Christ mais plus maintenant. Merci pour ce moment.

In Theatrum Denonium s'achève. Il est temps pour moi de récupérer ma sérigraphie préalablement réservée. Un dernier verre et retour à Lille. 
Je ne pars pas sans remercier Nathalie et Frédéric de Nord Forge qui ont fait un boulot monstrueux. Merci à tous les bénévoles qui se sont donner à fond pour nous offrir un grand moment de Metal. De mon propre aveu, il s'agissait ce soir d'un des meilleurs festivals auxquels il m'ait été donné d'assister. Le Théâtre municipal va désormais entrer dans une torpeur de plusieurs mois pour cause de travaux. 
Si l'acte IV a lieu dans le futur, vous pouvez déjà compter sur moi. Hail !!!! 

 

 

Site officiel In Theatro Denonium : http://intheatrumdenonium.fr/
                                                               https://www.facebook.com/intheatrumdenonium/
Association Nord Forge : https://www.facebook.com/nordforge/
Furia
NKRT : http://nkrtnkrt.blogspot.fr/  
Cabaret du Coeur Fendu https://www.facebook.com/lecabaretducoeurfendu/
Odious : https://www.facebook.com/search/top/?q=Odious
Septicflesh : https://www.septicflesh.com/

 

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