#HF2019: Fractal Universe, Philosophie et Death Metal Progressif

Fractal Universe est un groupe proposant des paroles philosophiques dans un style death metal progressif. Combinaison très intéressante! Si vous ne me croyez pas, n’hésitez pas à écouter leur dernier album Rhizomes of Insanity.

Vegvisir : La Dark Lodge est aujourd’hui avec Fractal Universe donc on profite de leur passage au Hellfest pour leur poser quelques questions. Déjà merci de nous recevoir et je vais vous laisser vous présenter. Si vous voulez enchaîner sur une petite bio n’hésitez pas.
Clément : Moi c’est Clément le batteur du groupe.
Valentin : Et moi c’est Valentin le bassiste du groupe.
Clément : Fractal Universe c’est un groupe de death metal progressif qui s’est formé en 2015. On a sorti cette année-là un premier EP Boundaries of Reality. En 2017 on a enchaîné sur un premier album Engram Of Decline et donc là en 2019 au mois d’avril on a sorti notre second album avec le label américain Metal Blade Records et ça s’appelle Rhizomes of Insanity.

Rhizomes of Insanity est un album concept sur le thème de la folie

Valentin

Vegvisir : Justement cet album que vous avez sorti en avril, est-ce que vous pouvez nous le présenter un petit peu?
Valentin : C’est un album concept sur le thème de la folie qu’on a fait avec un ami à nous qui s’appelle Arthur Massot qui a fait tous les textes. On l’a enregistré en 2018 et il est sorti chez Metal Blade Records en 2019.
Clément : Le thème de l’album ça retrace l’histoire de la folie dans la pensée humaine. Ca commence avec la prise de conscience de soi et ça développe des thèmes comme la frontière entre folie et raison et la place de la folie au sein de nos sociétés contemporaines et c’est un album de death metal progressif. On a essayé d’avoir une production très organique tout en ayant des morceaux assez catchy sans être trop dans le démonstratif.

Vegvisir : Et au niveau de la composition Vince est à l’origine de la majorité des compos et les paroles comme vous l’avez dit viennent d’Arthur Massot. Lequel vient en premier?
Clément : C’est d’abord les morceaux. En fait Vince il nous fait des pré-productions qu’on travaille ensemble et au fur et à mesure des répétitions on fait les mises en place etc… On développe souvent de nouvelles idées ou d’autres structures. Ensuite viennent les paroles. On les retravaille avec ces paroles là pour voir si tout colle bien comme on veut et vient suite à ça l’enregistrement de l’album studio

Vegvisir : OK et au niveau des paroles justement ces paroles philosophiques est-ce que c’est à votre demande et est-ce qu’il y a un philosophe dans le groupe?
Valentin : Vince est pas mal porté sur la philosophie du coup avec Arthur et c’est eux qui partent sur le thème philosophique déjà sur les deux premiers albums.
Clément : C’est deux amis d’enfance qui passent beaucoup de temps ensemble. Je pense qu’il font des soirées pizza où ils parlent de Nietzsche et d’autres philosophes et puis c’est comme ça qu’ils en viennent à décider des thèmes de l’album, qu’ils les travaillent ensemble, que Vince essaie de faire coller les paroles sur la musique. Ils font cette démarche là les deux mains dans la main pour nous proposer ces thèmes-là quoi.

Vegvisir : Et du coup le côté philosophique dans les paroles sur du tech death metal, pouvez vous nous parler un petit peu de ce choix?
Clément : C’est assez marrant parce qu’on avait une interview juste avant et on s’est questionné sur la raison qu’il y a à ce que ce soit souvent des paroles philosophiques sur du tech death ou du prog death et on se disait qu’il y a déjà un choix par rapport à l’esthétique de la musique qu’on fait. Je pense qu’on ne peut pas dans notre style avoir des paroles du genre allez viens on va au bar boire des bières ou ce genre de message ça collerait pas trop avec la musique technique qu’on fait. Ensuite il y a aussi une volonté de renouvellement des paroles qu’on a entendu depuis les années 70 dans pas mal de groupes. Et puis il y a aussi la volonté de porter ces croyance que ce soit politique, sociale, etc… et de trouver un moyen simple de les véhiculer. Alors du coup le choix philosophique on peut dire que ça vient du fait que grâce à ça tu peux englober plein de sujets sans traiter par exemple de la pêche tu vois, du fait qu’on vide les océans de ces poissons, qu’on tue des animaux, qu’il y a le réchauffement climatique, qu’on gaspille. Avec la philosophie tu peux regrouper tous ces sujets là, d’où le thème de la folie aussi c’est directement un clin d’œil à ce qui se passe aujourd’hui, les questionnements sur le réchauffement, etc… Donc ça permet sans être directe de traiter de plein de choses et de laisser plein de portes ouvertes aussi pour celui qui nous écoute et nous lie.
Valentin : Et je pense aussi que c’est intrinsèquement lié à la musique vu que le death metal progressif c’est assez technique, on va dans pas mal de styles au sein du même morceau donc ça rejoint aussi une pensée philosophique où on part d’une idée on va creuser un peu plus profondément à chaque fois pour trouver le petit truc qui fait que ça marche.

Ce qu’il y a d’intéressant entre guillemets c’est qu’il y a beaucoup de changement d’ambiance et de surprises aussi au sein d’un même morceau!

Clément

Vegvisir : Vous parlez de folie là dans votre réponse. Comment vous faites pour transposer la folie en musique?
Clément : On peut déjà parler de folie créatrice qu’on associe souvent aux artistes et dans notre musique ce qu’il y a d’intéressant entre guillemets c’est qu’il y a beaucoup de changement d’ambiance et de surprises aussi au sein d’un même morceau. Par exemple dans le titre qui ouvre l’album Oneiric Realisations, on passe d’un gros groove en intro à une ambiance un peu plus calme et mystérieuse on va dire, puis d’un coup ça pète, ça part en gros tapis de double avec un riff bien tranchant et après on a refrain un très lumineux et tout ça c’est des petites surprises qui font que notre musique a un côté fou fou et que les gens aiment bien.

Vegvisir : Et du coup une petite question parce que ça tourne autour de la folie, ça tourne autour de la philosophie, par contre vous avez choisi un nom de groupe qui est mathématique.  Pourquoi?
Clément : Le nom de groupe il est venu avant les paroles donc du coup il n’y a pas de lien de cause à effet mais je pense que c’était déjà un prémisse de la volonté d’aller vers ces sujets là. Pour ceux qui ne connaissent pas la théorie des fractales, c’est le fait que tu retrouves l’infiniment grand dans l’infiniment petit et vice versa, c’est des schémas répétitifs à plein d’échelles différentes. Donc il y avait cette volonté là, un peu spatiale, aérienne, et aussi déconnectée de sujets très terre à terre quoi et même dans le groupe on va dire.

Vegvisir : Et sinon toujours un petit peu sur le côté technique de la musique que vous faites, c’est un style quand même où on peut facilement dévier vers la technique pour la technique. Comment vous faites pour ne pas tomber dans cet écueil?
Valentin : Justement on essaye de s’éloigner des groupes ultra-technique pour essayer de garder l’auditeur parce que quand il y a trop de technique au bout de 3 morceaux je trouve que c’est un peu long. Et donc on essaye de poser des ambiances même si on sait faire énormément de choses à tous un bagage technique assez important mais on essaye de se restreindre des fois pour garder une ambiance et rester sur un riff et emmener l’auditeur dans un univers pas trop compliqué mais qui puisse être intéressant quand même.
Clément : Au début c’est vrai qu’avec notre premier EP, on nous a collé cette image là de groupe death technique parce que les quatre premiers morceaux, il y en avait quatre, s’y prêtaient vachement c’est vrai. Mais après déjà nous je pense qu’on écoute moins de ce style là aujourd’hui. Moi, comme dit Valentin, si je retiens pas un riff d’un album c’est que c’est pas un bon album et du coup lui et moi on écoute des choses que tu mémorises plus comme des Septicflesh, des Gojira, ce genre de groupes on aime beaucoup aussi donc on essaie de faire quelque chose que l’auditeur va retenir il va pas juste se dire ça joue c’est cool mais des groupes comme ça il y en a des milliers aujourd’hui. C’était aussi une volonté de sortir de ça, de proposer quelque chose qui n’était pas dans les clichés de tous les autres groupes non plus et de trouver notre patte. Mais je pense que l’étiquette death tech, elle nous colle plus trop à la peau aujourd’hui vu tout ce qu’on joue comme musique.
Vegvisir : D’où la description du début!
Clément : On est un groupe progressif avant tout parce que même dans le nouvel album c’est plus du Gorod ou du Obscura je trouve, enfin il y a des petits côtés mais c’est vraiment progressif. Je pense qu’on va encore essayer de changer d’étiquette et d’aller juste vers un groupe de metal progressif quoi avec un petit peu de tendances extrêmes. Je ne sais pas ce que vous en pensez les gars.
Nikky: Ouais après c’est vrai que le côté technique, après il y a un peu le côté où ça me rappelle un peu des groupes comme Gorod, c’est pour ça qu’on pense à death technique aussi mais c’est vrai qu’après effectivement peut-être progressif va mieux mais c’est toujours délicat un peu de mettre une étiquette.
Clément : Il y a toujours ce besoin là de la part de des gens qui écoutent cette musique là et c’est vrai qu’on a souvent cette comparaison avec Obscura et Gorod mais on trouve que Obscura c’est Obscura, Gorod c’est Gorod, et c’est des groupes géniaux et je comprend les ressemblances mais c’est quand même différent au final je trouve on arrive à avoir notre truc et c’est pour ça que death metal prog ça renvoie tout de suite à ces groupes là. Des fois c’est un peu blessant d’être juste un cliché de ces groupes là. On essaie quand même de faire notre truc aussi même si on les adore

Vegvisir : Vous avez aussi sorti récemment des tablatures en version numérique avec des pistes musicales avec un instrument en moins. C’est une idée qui vient de vous ou c’est quelque chose qu’on vous a demandé?
Clément : On est tous profs. On aime beaucoup de transmettre donc c’était aussi une idée de montrer un petit peu comment sont nos morceaux en fait. Cette année pour cet album là on a rajouté la batterie en plus en transcription. On est aussi en train de bosser sur des tuto Youtube. On va essayer de faire plus de séries pour contenter tout le monde et aussi se renouveler c’est important dans le monde de la musique. Mais non c’est une volonté de transmettre. On aime bien ça et puis je t’avoue c’est aussi un peu du merch pour nous, c’est un moyen d’avoir un petit peu d’argent en plus pour nous aider à financer le projet.

Vegvisir : Alors j’ai vu que justement et tu en parlais à l’instant que vous aviez fait la première explication d’un des riffs. C’est toujours cette volonté de partager, d’expliquer, etc… Ça en découle?
Clément : Carrément!!! Après c’était la première fois qu’on faisait cet exercice là alors  il y a peut-être encore des choses à peaufiner mais on va essayer de présenter, peut-être pas chaque semaine parce que c’est quand même beaucoup de boulot entre le rush vidéo, le montage, l’édit du son, etc… C’est du boulot mais on va essayer de faire ça avec un peu tous les instruments et puis on se dit pour être plus originaux pourquoi pas aller vers d’autres concepts. Par exemple on a dans les tuyaux peut-être faire un tuto comme bosser le chant guitare. Vince il voulait montrer ça, parce que c’est vrai que c’est un truc moi je comprends pas comment il arrive à le faire. Il joue des riffs de fou et il chante par au dessus. Tu vois en concert tu as l’impression qu’ils sont deux donc peut-être qu’il va montrer comment il bosse ce genre de choses, etc… On va essayer de trouver des trucs qui peuvent intéresser les musicien, les néophytes de ce style là quoi. Toujours cette volonté de partage.

Vegvisir : Sur scène quel est le morceau que vous préférez jouer?
Valentin : Moi je vais dire Chiasmus of the Damned parce que c’est un morceau là il est vraiment très progressif mais je trouve qu’il y a vraiment une puissance qui en ressort. Au début c’est très calme, très posé et après il y a de grosses vagues de son et un passage un peu djent on va dire au milieu donc ouais moi c’est celui que je préfère jouer je crois.
Clément : Ah y en a plein qui sont cools à jouer! C’est pas facile! Là en ce moment on a remis  Sons of Ignorance comme morceau d’intro et ça fait du bien de jouer un morceau que tu connais sur le bout des doigts parce que ça fait déjà deux ans qu’on le joue à tous nos concerts et pour démarrer pour bien se mettre dans le show c’est le morceau que je préfère jouer

On espère jouer à Grenoble avant la fin de l’année

Clément

Vegvisir : Dernière question justement, pour bien se mettre dans le show est-ce que vous avez un rituel avant de monter sur scène?
Valentin : Beaucoup d’échauffement!!! 🙂 On fait beaucoup d’étirements. En général on reste vraiment que les quatre en backstage. D’habitude il n’y a personne avec nous. Donc on est les quatre. Ça crée vraiment une osmose, on discute, on rigole, on s’étire tous tous ensemble, comme ça après on est bien soudé et quand on monte sur scène ça envoie quoi!
Clément : On essaie de s’isoler, de couper les téléphones aussi pour vraiment rentrer en mode concentration, parce que si on ne fait pas ce petit travail là une heure avant de monter sur scène, c’est déjà arrivé, c’est plus compliqué de se mettre dedans. Donc très clairement le rituel c’est d’aller s’isoler un peu, oublier le stress de la journée, de l’install, des balances qui sont parfois en retard,etc… Et ce mettre vraiment que dans le concert et réveiller son corps

Vegvisir : Déjà merci pour avoir répondu à nos questions et puis on a été très content de partager ce petit moment avec vous!
Valentin : Merci à toi et merci aux auditeurs qui sont là et n’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, Twitter, Instagram et Facebook!
Clément : On espère jouer à Grenoble avant la fin de l’année, où de l’année prochaine, et de vous voir tous là bas. Allez ciao les gars!
Vegvisir : Ciao!

Liens Fractal Universe:
https://www.fractaluniverseband.com
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https://www.youtube.com/user/FractalUniverseMetal
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https://www.instagram.com/fractaluniverseband/
https://fractaluniverseband.bandcamp.com/
https://open.spotify.com/artist/4xP1ALrFSYLVCUiRA0xzMy
https://www.metalblade.com/fractaluniverse/

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