#HF 2019 – Aorlhac, voyage en Occitanie

Aorlhac, c’est un groupe de balck metal qui se focalise sur l’Histoire et la culture Occitane. Avec l’Esprit des Vents l’année dernière, ils ont conclu la trilogie entammée il y a 12 ans. Nous avons rencontré Spellbound, chanteur et NKS, guitariste du groupe au Hellfest !

NKS: Salut, je suis NKS, guitare et chant backup
Spellbound: Je suis Spellbound, chant et paroles.

Vous sortez de la Temple (scène black metal du Hellfest). Est-ce que ça s’est bien passé ?
NKS: Carrément ! On n’arrive pas encore à s’en remettre ! Tout s’est bien passé. L’équipe était excellente. Tout s’est même passé mieux que prévu, parce qu’on anticipe toujours deux ou trois couacs, mais là tout s’est bien passé.
Spellbound: C’est quand même notre plus grosse date à l’heure actuelle. A chaud, question sensations et retours du public, ça nous semble pas mal.

Vous avez sorti l’Esprit des Vents il y a quelques temps. Quels retours du public avez-vous eu sur cet album ?
Spellbound: Il faut savoir que c’est le premier album qu’on sort chez les Acteurs de l’Ombre. C’est le dernier de la trilogie qui a été entamée avec la Croisée de Vents en 2007 et suivi par la Cité des Vents en 2010.
Ces deux albums ont été sortis sur un label un peu plus confidentiel. On a misé gros sur cet album et on est assez impressionnés par les retours. On a eu beaucoup de chroniques positives. On a fini dans pas mal de tops d’albums 2018, on a eu vraiment de très bonne réponses. Ça encourage a essayer de sortir un album plus vite. Entre la Cité des Vents et le dernier, il y a eu plus de huit ans.

Est-ce que tu peux me dire quel est le lien entre les trois albums ?
Spellbound: Le lien entre les trois albums a été de faire ressortir ce qui se passe au niveau de nos terroirs, de nos régions. On a beaucoup parlé sur l’Occitanie. Ça fait 290000 km², donc ça donne des histoires à raconter. Ça s’étend sur les trois quarts de la France, ça va jusqu’à l’Italie et l’Espagne, donc il y a énormément de choses à dire. Il y a beaucoup inspiration qu’on a au travers de ces histoires. Ça part du XIIe-XIIIe siècle, on va parler de Mandrin, de figures locales qui vont jusqu’au XVIIIe siècle. Le fil conducteur, c’est de faire ressortir toutes ces histoires et tous ces personnages hauts en couleurs et plus ou moins déjantés qui ont leur place au sein de nos dossiers. Pour la suite, on va centrer plus sur ce qui tourne autour de l’Auvergne, sans s’éparpiller sur d’autres régions.

Est-ce que ce troisième album a évolué, du fait de l’écart avec le précédent, par rapport à ce que vous aviez en tête à l’époque ?
NKS: Il faut savoir que la trilogie à commencé il a onze ans. Forcément, notre manière de composer et d’aborder la musique a évolué, les goûts de chacun aussi. Je pense que le dernier album reflète le changement, le virage musical qu’on a pris. Bon, il reste la patte et la manière de composer d’Aorlhac. Mais, dans la construction des morceaux, on a quand même évolué. A un moment donné on a eu, pas une pause, le groupe n’est jamais resté en sommeil. Mais chacun dans sa vie a eu une évolution, ce qui explique pourquoi il y a eu huit ans entre la Cité des Vents et l’Esprit des Vents. On a essayé de faire fructifier cette pause en prenant le temps, en construisant un studio, on a acheté du matos. On a façonné cet album vraiment à notre image. C’est ce qui explique cette différence. Le fait de le sortir chez les Acteurs de l’Ombre, c’est cohérent avec démarche. On a progressé dans la manière de nous enregistrer, de composer, de trouver les thèmes, les paroles, le chant, en fait c’était l’occasion de tout revoir.
Spellbound: Les deux premiers sont axés très artisanal, autant au niveau de l’artwork, la pochette, etc. Le troisième a toujours ce côté direct.
NKS: Incisif, voila !
Spellbound: Même si les compos ont eu le temps de mûrir. Mais il y a eu aussi la construction du studio. On a notre propre studio maintenant. On est maîtres du son, encore plus qu’avant. Je pense que le tout est plus pro dans un sens, plus carré aussi. Le tout en gardant l’esprit et certains éléments des deux premiers.

Ça doit aussi faciliter le fait de donner de la personnalité à votre son, de tout maîtriser.
Spellbound: Oui, on affine à mesure. On est partis de quelque chose de très artisanal. Au niveau de la batterie, Julien [NKS, qui assurait la batterie sur les deux premiers albums] faisait les prises à l’époque, alors qu’il n’est pas batteur de formation. La, pour le troisième, on avait un « vrai batteur », qui ne se consacre qu’à ça.
NKS: On a du faire preuve d’ouverture, en élargissant les horizons. On a fait confiance à un autre batteur, et aussi à Lonn à la guitare, qui n’est malheureusement plus dans le groupe, qui a fait les solos. On a essayé de s’ouvrir à la composition, d’accepter de nouveaux musiciens, de laisse libre court à chacun.
Spellbound: En gardant tout de même le noyau dur.

Ça doit aussi faciliter le fait de donner de la personnalité à votre son, de tout maîtriser.
Spellbound: Oui, on affine à mesure. On est partis de quelque chose de très artisanal. Au niveau de la batterie, Julien [NKS, qui assurait la batterie sur les deux premiers albums] faisait les prises à l’époque, alors qu’il n’est pas batteur de formation. La, pour le troisième, on avait un « vrai batteur », qui ne se consacre qu’à ça.
NKS: On a du faire preuve d’ouverture, en élargissant les horizons. On a fait confiance à un autre batteur, et aussi à Lonn à la guitare, qui n’est malheureusement plus dans le groupe, qui a fait les solos. On a essayé de s’ouvrir à la composition, d’accepter de nouveaux musiciens, de laisse libre court à chacun.
Spellbound: En gardant tout de même le noyau dur.


Mandrin,

c’est un personnage phare du XVIIIe siècle et c’est surtout quelqu’un qui bougeait l’ordre établi

Spellbound

Ils ont pu apporter leurs idées sur les compos ?
NKS: Les compos, non, mais la composition était assez large. C’est à dire que tout n’était pas déjà établi. Chacun a pu apposer sa patte, mais tout en restant dans un cadre assez fermé. Il n’y a qu’à la batterie où on a laissé carte blanche à Ardraos. Je lui avait filé deux-trois thématiques et il s’est vraiment imprégné, il a fait un super boulot.
Spellbound: Et les soli de Lonn aussi.
NKS: On a laissé la créativité de chacun avoir libre cours sur cet album.

Tu m’as dit que le prochain album sera plus centré sur l’Auvergne. Est-ce que tu peux m’en dire plus ?
Spellbound: On va essayer d’opérer une certaine cassure. Ce n’est pas encore assez réfléchi, on n’a pas encore assez bossé dessus ni encore assez parlé.
NKS: On ne va pas repartir sur une trilogie déjà.
Spellbound: On s’est imposé des carcans. On s’est imposé des règles avec cette trilogie. C’est fait, maintenant on passe à autre chose. Mais ça reste du Aorlhac, on a un « champ lexical ». On a encore des choses à dire dans ce thème-là, mais on va se centrer sur des histoires propres au Cantal – c’est notre région – sans forcément s’éparpiller sur toute l’Occitanie. L’idée, sur le prochain, c’est ça !

Est-ce que vous avez une période préférée dans l’Histoire ?
Spellbound: Non, en fait, on en apprend à chaque album. On s’intéresse à tout ce qui peut nous faire vibrer, à tout ce qui est en rapport à notre terroir, toutes les histoires qui vont nous intéresser, tout ce qu’on a envie de mettre en avant, en fait. Il n’y a pas de période particulière en ce qui me concerne.

Sur l’Esprit des Vents, il y a une chanson sur un personnage bien connu à Grenoble, Mandrin. Est-ce que tu peux me dire pourquoi tu le décris comme un enfant perdu ?
Spellbound: Tout simplement quand on voit comment il a terminé. Il a fini roué de coups en place publique.
NKS: Comme un enfant. (rires)
Spellbound: Mandrin, c’est un personnage phare du XVIIIe siècle et c’est surtout quelqu’un qui bougeait l’ordre établi, qui était contre les taxes des fermiers généraux, qui était purement contrebandier. Pour moi, c’est un bel exemple de personne qui va contre l’ordre établi.

Niveau Occitanie, on retrouve l’influence dans les textes, mais est-ce que vous vous inspirez aussi de la musique traditionnelle occitane ?
NKS: Oui, disons qu’au début du groupe on a eu une bibliothèque de mélodies et thèmes traditionnels. On s’est assez inspiré de ces thématiques-là tout en les adaptant au riffing guitare.
Spellbound: C’est en lien avec les thématiques, on va dire.
NKS: Oui, pour nous, c’est un tout. Ça a été intégré avec parcimonie. Il y a peut-être moins de passages acoustiques sur le dernier, si ce n’est la passage à la vielle sur [l’Infâme] Saurimonde. Mais, oui, ça a toujours été une composante des compos d’Aorlhac.

Est-ce qu’il y a un aspect qui prime entre le thème et la musique ou est-ce que c’est plutôt équilibré ?
NKS: C’est équilibré dans le sens ou Florian [Spellbound] s’occupe de la partie thématique et des paroles. Moi, je m’occupe de la composition. On essaie chacun d’être dans cet objectif commun. J’ai envie de dire que c’est 50-50
Spellbound: Disons que, sur les compos en elles-même, si tu prends ce qui peut être pris comme thème traditionnel dans la musique, ça prime moins que la compo. 95% du riffing, c’est de la compo. Donc, c’est plus les thématiques qui vont envelopper le truc.

Vous avez sorti une bière qui s’appelle la « Saurimonde », je suppose que c’est par rapport au titre de la chanson ?
NKS: Oui ! L’infâme Saurimonde, on a trouvé ça, (rires) assez sympa comme nom ! L’histoire de la bière est simple, Christian d’Adipocère est venu nous voir. Pour continuer dans notre marque de fabrique, il nous a proposé de travailler avec un brasseur local. Je dis local, c’est quand même vers Clermont-Ferrand [en partenariat avec la Microbrasserie BALM’]. On n’aurait pas voulu s’associer avec un brasseur de Strasbourg, ou de n’importe où. Quelqu’un de local, pour nous, ça avait du sens, en plus, sa bière a été primée plusieurs fois à des concours. C’est une imperial stout. Je la recommande d’ailleurs fortement ! Pour nous, c’était une opportunité. Tout le processus s’inscrivait dans notre logique. C’est naturellement qu’on a fait cette collaboration.
Spellbound: On n’avait pas de raison de refuser en fait. On est tous amateurs de bière, c’est local, on travaille avec un mec qui bosse bien. Il n’y avait aucune raison particulière de refuser cette opportunité.

Une petite question pour finir: Qu’est-ce que c’est le plus beau compliment qu’on puisse vous faire ?
Spellbound: J’aime bien quand les gens sortent des sentiers battus, qu’on ne nous classifie pas forcément dans le black metal. Pour moi, ça va plus loin. SI les gens arrivent a ressentir, à s’intéresser à ce qu’on fait, à ces légendes, à ces choses qu’on raconte. Si on sent, ça arrive souvent, que les personnes ressentent quelque chose et nous en font part, c’est le plus beau des compliments.

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions et bonne continuation !
Spellbound: Bonne continuation et merci pour l’interview.
NKS: Merci à toi.

Liens Aorlhac:
https://aorlhac.bandcamp.com/
https://www.facebook.com/Aorlhac
https://www.youtube.com/user/AORLHAC

Liens Les Acteurs de L’ombre:
https://www.facebook.com/LADLOproductions/
https://ladlo.bandcamp.com/

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