Enslaved + Lost in Kiev + Wolve @ CCO: live report

Je dois avouer que, quand j'ai vu l'affiche, je me suis demandé :  pourquoi un tel mélange des genres ? Enslaved, bien qu'avançant côté prog, garde tout de même un côté black/viking. Rien à voir avec Lost in Kiev et Wolve qui évoluent plus dans un post-metal / progressif qui n'a pas l'air franchement dark. Mais, finalement, le grand écart était plus réduit que ce à quoi je m'attendais.

 

 

Wolve: Un départ calme

 

Au moment où nous arrivons au bar, une note continue se fait entendre, note qui se fait rapidement accompagner d'une ligne de basse groovy. C'est ainsi que débute le premier groupe de la soirée, Wolve. Pour la suite, on se retrouve face à du post metal / rock plutôt classique. Si les morceaux contiennent quelques bon plans, les transitions pataudes et le déséquilibre de volume entre basse et guitares rend le tout plutôt désagréable. Le chant à la Trent Reznor donne parfois l'impression d'entendre une longue ballade de Nine Inch Nails, malheureusement sans les parties intenses. La prestation s'est conclue par un morceau très planant qui aurait été très bien pour clôturer une tête d'affiche, mais qui manque un peu l'objectif de chauffer le public pour les groupes suivants.

 

 

Lost In Kiev: Le cinématographique

 

Une dizaine de minutes plus tard démarre Lost in Kiev. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on a à faire à un groupe d'un tout autre niveau. Je suis entré immédiatement dans l'ambiance de film noir du premier morceau. On change plusieurs fois d'atmosphère, de la plus torturée à la plus planante. Les changements de décor musicaux se font fluides et naturels, un vrai bonheur. Le groupe jouant une musique instrumentale, les seules voix humaines que l'on entend proviennent de samples (des extraits de films ?) utilisés à la perfection, au niveau de l'ambiance comme au niveau du rythme. Je ne connaissais pas du tout ce groupe avant cette soirée, ça a été une bonne découverte. Mais, alors que ce deuxième groupe termine sa prestation, un doute m'étreint. Est-ce qu'on ne va pas sentir un effet de grand écart entre ces premières parties très atmosphériques et Enslaved plus orienté black metal ?

 

 

Enslaved: La tarte dans la gueule, comme d'habitude !

 

La réponse à mon doute se trouve en tout début de séance Enslavedienne. Le morceau Storm Son débute avec un sample de bruits de nature, puis enchaîne sur une intro très planante, rappelant des instants du groupe précédent. La transition se fait donc en douceur vers le côté plus extrême de la soirée. Les Norvégiens enfoncent le clou avec Roots Of The Mountain, qui est, à mon sens, une des meilleures chansons du combo. J'ai trouvé Håkon Vinje – remplaçant de Herbrand Larsen aux claviers et chant clair – un peu en-dessous de son prédécesseur sur le refrain (Il est tout à fait possible que je n'ai pas été objectif sur ce coup, étant donné que j'ai trouvé se prestation bonne sur le reste du concert). Arrive ensuite Return To Yggdrasil, nous rappelant l'époque où Enslaved avait un style plus épuré. L’enchaînement se fait tout naturellement sur River's Mouth et son riff faisant un peu penser à celui d'Isa. Suite à ce morceau aérien (devrais-je dire aquatique ? Ou peut-être pas) arrive Convoys to Nothingness démarrant sur un rythme similaire jusqu'au break déchirant annonçant sa fin plombante.

 

Si j'insiste autant sur l’enchaînement des morceaux, c'est avant tout pour souligner la maestria avec laquelle la setlist a été élaborée. Le groupe va d'avant en arrière dans le temps avec une fluidité fascinante et parvient à donner une réelle unité aux compos de différentes époques et différents styles. Cela nous prouve bien qu'Enslaved reste Enslaved en dépit des évolutions de leur musique.

 

En parlant de remonter le temps, nous avons été gâtés par Vetrarnótt, un extrait de Vikingligr Veldi, soutenu par une lumière verte rappelant la pochette de l'album. L'ambiance se fait plus bleue et aquatique pour One Thousand Years of Rain (quoi de plus normal ?). Cette chanson s'est révélée bien plus dynamique sur scène que le souvenir que j'avais de la version qu'on peut entendre sur In Times. La partie d'avant rappel se finit sur Sacred Horse, qui fait écho à Storm Son joué au tout début.

Tous ces morceaux étaient entrecoupés d'interventions pleines d'humour de Grutle, haranguant un public chauffé à blanc et vannant ses camarades, tels le yéti ambulant, l'homme ne portant qu'un pantalon, Mrs Curie (pas sur d'avoir bien compris ce qu'il a dit) ou le petit dernier qui est plus jeune que le groupe ! Je vous laisse retrouver qui est qui !

La dernière partie du concert débute par un éternel solo de batterie, plutôt intéressant pour une fois, puis on a droit à deux classiques pour la fin: Allfǫðr Oðinn et bien évidemment, Isa.

L'heure et demie du concert est passée à une vitesse déconcertante. Le seul regret est de ne pas en avoir une autre pour profiter des innombrables autre pépites que contient leur discographie !

 

 

Merci à Sounds Like Hell productions pour la soirée mémorable !

Enslaved, site officiel et sur Facebook

Sounds Like Hell Productions

Lost in Kiev 

Wolve

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