DesertFest 2018 @ Berlin : Live Report Jour 3

Troisième et dernier jour dans la capitale allemande. On profite du soleil et de la chaleur pour faire un tour sur l'ancien mur côté est, devenu galerie street art. Moment paradoxal entre un passé douloureux et une horde de touristes semblant totalement oublier l'histoire dans sa course effrénée au selfie… Un bon burger/bière artisanale dans les anciennes toilettes du métro aérien recommandé par un Grand reporter de Desert rock et un petit noir au café musée Ramones sur le trottoir d'en face pour finir le côté touristique du week-end. Et nous voilà repartis pour le dernier jour du Desertfest, déjà.

 

Freedom Hawk

 

Tout comme hier, notre non conscience professionnelle nous fait rater le premier groupe de la journée. Nous commençons donc avec les Américains de Freedom Hawk, groupe peu connu dans nos contrées mais que j'aime particulièrement. Et le quatuor (qui à la base est un trio…) nous propose un show des plus énergiques sur une grande scène assez sombre, 15h devant être un brin trop tôt pour l'ingé lumière… Pendant 40 min, les Virginiens sont exceptionnels en riff tueur, avec une simple joie d’être là et de jouer un rétro-rock de haute volée… Ah, je vois des sourcils qui se lèvent dans l'assemblée. « Quoi, le sieur révérend encense un style qu'il n'a pas arrêté de dénigrer lors de la deuxième journée? » Déjà Freedom Hawk ne nous fait pas la panoplie obligatoire du style et a ce petit côté rock sudiste, sabbathien, qui les éloigne de la cohorte des groupes jouant dans ce registre ! Et puis bon, j'ai le droit aussi de ne pas être logique, hein ! 🙂

 

The Black Wizard


Sur la petite scène, Black Wizard continue à réjouir mon appareil auditif. Alors, rien de nouveau sous le sombre hall de l'arena, les Portugais jouent un blues rock seventies très classique. Pas de révolution ici mais un quatuor maitrisant parfaitement le live, le style et avec une chanteuse guitariste, assumant parfaitement sa voix à la Janis sans en faire des tonnes… Oui, cela est foutrement mieux que certains groupes hypes et nous fait passer un agréable moment !

 

 

Church of the Cosmic Skull

 

Sur la grande scène, toujours dans une pénombre qui laisse perplexe, arrivent les extra-terrestres de ce festival. Les 7 membres de Church of the Cosmic Skull, tout de blanc vêtus tels une assemblée d’évangélistes, prêchent leur pop-rock un brin psyché et laissent nombre de visages et d'oreilles dubitatifs… Dont les nôtres, oui! J'avoue ne pas avoir compris cette musique, ni l’engouement que les Anglais provoquent sur une certaine frange du public du genre stoner et avoir pensé qu'ils n'avaient pas vraiment leur place dans un tel festival. Mais bon, il en faut pour tous les goûts, le nôtre nous porte assez vite vers l’extérieur afin de profiter du soleil !

 

 

Dopelord

 

Total changement de registre sur la petite scène, avec un groupe qu'on attend toutes oreilles dehors et nuque prête au sacrifice du grand cornu sonique! Dopelord ne va pas nous décevoir, riff lourd et gras, mélange du chant aérien clair du guitariste et celui guttural du bassiste. Alors manque ici la folie crasse de leur compatriote Belzebong, on les trouverait même un brin gentillets avec leur barbe bien taillée… Mais le sabbat est néanmoins réussi, on peut se laisser aller sous l'influence des green notes dans cette évanescent paradis artificiel scénique que les griots polonais répandent ! Un des très bons moments de ce week-end !

 

 

Planet of Zeus

 

La scène grecque est un sacré vivier pour le genre stoner rock, balançant depuis pas mal d'années des groupes de qualité squattant les rubriques et planches ! Planet of Zeus en a été longtemps la partie la plus visible pour le « grand public ». Rien donc d’étonnant de les voir débouler sur la grande scène en ce début de soirée, où leur rock sous testostérone mené de main de maitre par leur leader Babis secoue l'aréna. Le quatuor est efficace mais lasse vite par le manque d'originalité de leur rock aillant oublié le stoner en cours de route. Un peu déçu par cette prestation, le public est lui enthousiaste, cela est le principal non ?!!

 

 

Jex thoth


L'instant théâtre sabbatique du festival arrive sur la petite scène. Jex Thoth a ses fans qui aiment le côté visuel de cette musique sombre , lente et occulte. Comme vous l'avez deviné je ne fais pas vraiment partie de ceux-là, l'éclairage aux bougies est vachement sympa pour les images, tout comme pour le live, mais cela ne fait pas tout ! Jex surjoue son côté grande prêtresse et fait vite craquer… Nous partons donc nous sustenter une dernière fois auprès d'un food-truck, histoire de pouvoir sereinement affronter la fin de soirée.

 

 

Eyehategod


Sur la grande scène parée d'un rouge sang un brin criard mais qui va comme un gant à l'arrivée des pionniers du sludge, Eyehategod ! J'attendais avec impatience ce concert, mais j'avais aussi une pointe d’appréhension, ne sachant trop comment aller se comporter leur leader Mike X Williams. Amaigri suite à une greffe de foie, il inquiétait un peu sur les photos… La bande de la New Orleans rassure vite sur son état de forme et nous met une gigantesque fessée sonique! Jimmy Bower, égal à lui même, fumant clope sur clope, enchainant ses riff de tueur, mimant quelques prises de substance illégale, fait office de chef de cet orchestre atypique. Certains se plaignent de l'absence de deuxième guitariste. Certes le son se fait plus brut, encore plus âpre, mais putain on a là l’âme même de cette musique. Les musiciens déchainent sur scène leur brûlot, Mike vivant et hurlant ses textes comme si demain ne devait pas exister. 4 zicos à l’essence punk d'un no futur, traversant 30 années de chaos musical et faisant, comme dans cette aréna, pogoter, hurler le public… Fucking band, fucking concert, les Louisianais viennent de donner un des concerts de ce week-end et nous laisse éreintés !

 

 

Radio Moscow


Il fut difficile après un tel déferlement de se diriger vers la petite scène pour aller écouter Radio Moscow. Le trio a l'heureuse idée de commencer son live avec « New Beginning » et « Death of a Queen », deux titres bien rentre dedans dans lesquels Parker Griggs se fait bien plaisir (et à nous aussi!) et permet de ne pas avoir trop de décalage sonore. La suite se fait un brin moins emballante et plus classique. Bassiste et batteur accompagnant leur leader d'une impressionnante dextérité,on assiste quand même là à un live où la maîtrise se met au service de la musique. Calé tranquillement dans le public, on passe 50 min bien jouissives !

 

 

High on Fire


Sur la grande scène, la dernière tête d'affiche, High Of Fire, est attendue par une fosse remplie. Une discussion s'engage entre francophonse, si Mike Pike n'était pas le guitariste de Sleep, son groupe serait-il invité dans ce genre de festivals ? Au delà du deuxième album « Surrounded by Thieves », je dois dire que pour ma part je n'ai plus trop écouter, les racines thrash metal devenant bien trop omniprésentes pour moi. Après, le groupe a ses fans, il remplit les salles, amène une autres musique, donc ne soyons pas sectaires et acceptons cela! La bande rentre et Mike Pike, tout ventre dehors, nous fait une entrée en matière fort intéressante avec « Sons of thunder » très rentre dedans et qui me chatouille bien les tympans… Le reste du show, en plus d'un son fort moyen, voire très passable s’aventure donc vers ces contrées thrash qui ne sont pas les nôtres !

 

 

Notre avion partant de toute façon de bonne heure le lendemain matin , il est temps pour nous de dire au revoir avec un regard nostalgique à cette grand halle et au Deserfest 2018 qui fut une sacrée réussite !

Merci aux groupes qui ont réjoui nos oreilles pendant trois jours, à la fantastique team de Desert rock, à la toute aussi excellente et magnifique équipe de Sound of Liberation, merci pour leur gentillesse, leur dispo et tout le boulot fait pour rendre ces 3 jours uniques !

Un méga merci à toute l'équipe de la Dark Lodge de nous avoir fait confiance une fois de plus. Au poto Didier sans qui tout cela ne serait pas vraiment possible !

Et un spécial very big up à ma dame, de me permette cela et de corriger mes délires verbaux !

 

Allez, à l'année prochaine Berlin !

 

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Texte par le Révérend et photos par Didier Coste

 

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