DesertFest 2018 @ Berlin : Live Report Jour 1

 

Le printemps ne voit pas fleurir que le muguet et les jonquilles… Les festivals d'un style bien particulier éclosent aussi un peu partout en Europe. Roadburn, Freak Valley et DesertFest… On devrait d'ailleurs dire les Desertfest car ce nom s’est répandu à travers le territoire européen pour porter la bonne parole de la scène dite Stoner (mot qui ne définit nullement rien musicalement, mais que tout le monde emploie donc…). Londres, Berlin, Anvers, Athènes, il se murmure même que deux nouveaux sont en préparation, mais chut… !

Les music-trotteurs que nous sommes, piétinés d'envie d’aller à Berlin depuis pas mal d'années… Souhait qui a pu se réaliser en cette année 2018.

 

Le Desertfest Berlin est organisé par Sound of Liberation, qui depuis 2005 promeut et booke une musique indépendante, dans le style qui nous occupe ici. Ils ont dans leur roster Brant Bjork, Atomic Bitchwax, lowrider, Mars Red Sky, Salem's pot, Wo fat, My sleeping Karma etc. Ils ont aussi créé les festivals Keep It Low, Up In Smoke et bien sûr les Desertfest (sauf celui de Londres).

 

Direction donc la capitale allemande, aux frontières du quartier de Mitte et du Kreuzberg, coin très arty, un brin rebelle et qui draine une grosse partie de la jeunesse de la ville pour faire la fête le week-end… L'Arena se découvre après un passage à travers des ruelles bordées de bars et autres lieux alternatifs. Gigantesque halle, collée à la rivière Spree, l'espace extérieur permet de se poser et de se restaurer avec des stands fort variés (cela nous change de la seule Wurst du Up In smoke). A l'intérieur, un seul et grand espace, où deux scènes sont installées, tout comme le merch, bien sympa d'avoir tout au même endroit. Cela manque peut-être d’une déco unifiant le tout et donnant au lieu une atmosphère autre…

 

VONAVIBE

Le premier concert et la dure tache d'ouvrir le festival reviennent aux grecs de Vonavibe, gagnants d'un concours. Un rock honnête et bien fait, que dire de plus, qu'il faut bien débuter un festival hein…

 

 

PRETTY LIGHTNING

Suit sur la même petite scène, ce qui sera la vraie ouverture du fest pour moi: Pretty Lightning. Le duo allemand, donne dans un blues psyché avec un arrière fond très Black Angel! Alors même si cela se regarde un peu les chaussures, comme diraient certains grands reporters, cette musique entre calme et envolées, loin des gros riffs gras, a tout pour me plaire et me fait passer 40 min des plus agréables !

 

 

CHURCH OF MISERY

Le premier gros morceau du fest arrive juste après sur la grand scène avec Church of Misery. Les Japonais vont certes nous sortir un set (de) classique(s) mais avec une fougue, une folie, une lourdeur qui font plaisir à entendre et voir. Avec un Takano au chant complètement allumé (Qui a laissé la boite à pharmacie ouverte?), ils vont sans problème amener le public dans leur univers aux riffs saignants. Le big boss, Tatsu Mikami, à la tenue de basse si particulière, a su trouver de sacrés musiciens. Oui, même le guitariste qui fait un brin renfermé mais envoie du bois tout le show. La formation va nous faire un live digne de leur réputation et lance le Desertfest avec brio!

 

 

DEATH ALLEY

Suivent sur la petite scène, Death Alley, band hollandais fondé par Oeds Beydals, l’ancien guitariste de The Devil’s Blood et attendu par un public massé devant la petite scène! Vous sentez tous mon enthousiasme devant ce groupe hein?.. Oui, je ne suis pas super fana de cet heavy-rock seventies (je n'ai d’ailleurs toujours pas trouvé leur côté space-rock…). Mais on ne peut pas retirer au groupe un sacré savoir faire niveau live, comme dans les compos. 45 min sans temps mort, avec un chanteur tenant parfaitement son rôle de showman! Je comprends que ce groupe ait un public fidèle et remuant, tout cela est magnifiquement fait. A découvrir pour tout amateur de musique seventies bien burnée…

 

 

NEBULA

Arrive juste après, un des groupes que j’attends de ce festival, les desert-rockeux de Nebula. Eddie Glass et sa bande vont pendant une heure nous déverser un magma fuzzy, malgré un son brouillon de la régie qui m'a un peu gâché mon plaisir. Les vraies bonnes formations de ce style sont rares, le retour de Nebula était attendu par les aficionados de mon genre! Oui cela saturait un brin, mais ce genre de zique ne doit pas être propre non plus, on doit sentir la graisse des generators, pouvoir se gratter au sable du désert californien ! Oui, le groupe tapant dans toute sa disco, j'ai été comblé et heureux de pouvoir les voir, même si la petite scène les aurait mieux servis, je pense!

 

 

MONOLORD

Autre gros morceau de la journée, les Suédois de Monolord. La «fosse» de la petite scène est bondée, le trio va leur donner raison d’être là! Monolord va nous sortir le grand jeu, la tournée en première partie avec The black label society a donné aux Suédois une prestance scénique supplémentaire. Le bassiste Mika Häkki , éternelle casquette de marin sur la tête, fait toujours autant le show. Thomas Jäger assume pleinement ce chant tant décrié par certains sur le dernier album! Les amplis oranges crachent toute la lourdeur du band et le public va leur faire la fête durant tout le show comme je l'ai peu vu durant tout le fest. Monolord balaie toute sa disco, pour finir avec le désormais classique Empress Rising, déchaînant un peu plus le public (oui, moi aussi) avec ce riff tremblement de terre, moissonnant le headbanging des têtes dans leurs escarcelles de Big Boss de la scène…

Pour moi, un des moments magiques de ce festival, où public et musiciens ont partagé un instant parfait!

 

 

MONSTER MAGNET

Sur la mainstage, arrive la grosse tête d'affiche de cette journée. Je suis un grand fan de Monster Magnet première période, avant qu'ils ne se perdent dans la mégalomanie de l’album Powertrip. Tout comme j’ai aimé leur retour à moins de clinquant avec Mastermind et Last patrol. J'avais même pris un pied énorme à leur concert du Hellfest 2014 lors duquel leur space hard-rock avait enflammé la Valley. J'avais été beaucoup plus dubitatif devant celui de 2017, où Dave Wyndorf et sa bande avaient certes déroulé un bon set, mais manquant de relief… J'allais donc voir le groupe, un peu circonspect, surtout que leur dernier album Mindfucker a été loin de me convaincre! Et j’ai vite eu la même impression qu'à Clisson, on a là un groupe qui fait son job, alignant un hard-rock de qualité, mais sans le petit coté autre qui a complètement disparu… J’attends vraiment autre chose d'un groupe de cette qualité. Je me suis donc retiré sur la pointe des pieds, laissant le public tranquille avec mes ronchonnements…

 

 

WEEDEATER

Vos deux reporters commencent à sentir la fatigue d'une journée commencée à 4 heures du matin. C'est donc un brin las qu'on se pose devant le dernier concert du jour. A minuit, Dave « Dixie » Collins, son éternelle bouteille de jack à la main, et ses deux comparses vont alors déverser sur la petite scène leur sludge poisseux et fumeux. Pas forcement le groupe que j'aime spécialement sur disque, mais en live Weedeater est un groupe à aller voir, le chanteur typiquement sudiste fait son show… Malgré cela on décide assez vite d’aller rejoindre notre camp de base pour un repos mérité (si, si!).

 

Allez, la suite bientôt les dark lodgiens ! 😉

 

Texte par le Révérend et photos par Didier Coste

 

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*