David Gildenlöw (Pain of Salvation) : interview @Hellfest 2017

Quand Daniel Gildenlöw te parle, c'est pieds nus, le regard incandescent et un sourire contagieux. Pour lui, la musique ne se crée, ne se joue, ne se vit qu'à coeur ouvert. C'est le langage des émotions, l'arme qui te connecte toutes les âmes.

TDL : Merci Daniel de donner de ton temps pour les auditeurs de The Dark Lodge. Je suis heureuse de te rencontrer.

Daniel Gildenlöw : Oh, c'est un plaisir pour moi aussi.

Audio in English on Mixcloud
Avant tout, je dois dire que j'attends ton show qui doit se dérouler dans quelques heures. Que ressens-tu de jouer à nouveau avec Johan Hallgren, depuis son tout récent retour au sein du groupe. Peu de monde vous ont revus ensemble ces dernières années !

DG : Il y a une alchimie incroyable dans le groupe.

Comment arrivez-vous à vous retrouver après avoir évolué chacun de votre côté ? 

DL: C'est un vrai défi. Il a travaillé dur, mais maintenant il est au point et a intégré tous les morceaux. Il faut dire que c'est dans son tempérament de s'acharner jusqu'à parvenir à la maîtrise.

Par rapport aux autres musiciens du groupe, quels sont les atouts et faiblesses de ce nouveau line-up ?

DG : Je pense que c'est à chacun de se faire un avis. Attends ce soir (Rires)… Je suis vraiment content que tout le monde en tire le meilleur.

Revenons un instant que la genèse de votre dernier album In the Passing Light of Days est très intime, basé sur ton expérience de vie. Dans quelle mesure était-ce difficile pour les autres musiciens d'interpréter cela, puisqu'eux ne l'ont pas vécu de l'intérieur ?
 

Non mais ils ressentent l'émotion qui nous connecte tous sur scène, les paroles te portent, te conduisent jusqu'à éprouver l'émotion avec justesse.

Tu semblais exprimer tellement de sentiments sur scène ,la dernière fois que je t'ai vu que je me demadne si tu n'es pas aussi un peu comédien. Comment peut-on développer une telle palette affective sur une heure de temps  ?

DG : C'est sûr que tu te sens vidé quand tu sors de scène ! Pour la tournée aux Etats-Unis, j'ai trouvé difficile de jouer In The Passing Light Of Days parce que j'étais angoissé par l'idée de ne pas parvenir à trouver le ton juste.

J'ai sûrement la même attitude générale dans la vie : je ne peux m'arrêter que si je suis exténué, que si j'ai atteint le fond des choses.

N'est-ce que ce que traduit le nouveau logo de Pain Of Salvation : à la fois l'astre suprême et l'inachèvement.

DG: Oui, ceci est dû au fait que le trait est inachevé. ça cadre tout à fait avec l'esprit Pain Of Salvation.

Je pense qu'on peut grandir grâce à la musique. J'ai réalisé cela très tôt, que la musique peut te faire vivre des choses, quel que soit ton âge, que tu l'aies expérimenté par toi-même auparavant ou non. Tu peux toujours entrer en connexion avec des sentiments car ils sont universels. Tu peux avoir 10 ans et comprendre une chanson sur un rupture amoureuse, même si tu n'as jamais été marié, ni adulte. Tu peux t'y reconnaitre. J'essaie de garder cela toujours à l'esprit quand j'écris des paroles.

Peu importe que le point de départ soit un événement intime, les gens seront en capacité de pénétrer l'essence du texte si j'ai réussi à la transcrire

C'est comme une intelligence fondamentale qui relie les individus, ou du moins un certain nombre d'individus. ça ne serait pas l'empathie ?

DG : Oui, c'est cela, de l'empathie. La plupart des gens en sont capables. L'une des expériences les plus merveilleuses que j'aie eues en tournée,  remonte à il y a deux ou trois ans. Je jouais et j'ai vu devant moi, au beau milieu de la foule un homme avec un regard de tueur, comme peut l'avoir le personnage le plus méchant de Sons Of Anarchy, tu vois le genre ? Il avait un air intouchable, inatteignable. A la fin du set, il était là, debout, en train de pleurer. Les émotions les plus fortes te saisissent toujours par surprise, au moment où tu t'y attends le moins. Je e souviens avoir assisté, enfant, à une cérémonie de funérailles et j'étais là, asis sur le banc de l'église, en essayant de toutes mes forces de ne pas me concentrer sur ce qui se passait et j'ai été malgré tout bouleversé émotionnellement.

Il faut juste te laisser emporter et tu en sortiras plus fort. C'est le conseil que me donne toujours ma femme et que je suis.

Je m'interroge : en ce moment,  y a-t-il certaines chansons dans lesquelles le public peut avoir plus de mal à entrer ?

DG : J'ai joué certaines chansons des centaines de fois, et pourtant, j'ai besoin à chaque fois de ressentir quelque chose de fort, de gagner ma légitimité sur scène, en quelque sorte. D'un pays à l'autre, ce n'est pas du tout le même ressenti. En Suède par exemple, les gens sont comme verrouillés de l'intérieur. Dans ces cas-là, je cherche parmi la foule des personnes expressives et je me focalise sur elles, comme si je m'adressais directement à elles.

 

Question Bonus où il est évoqué "Simon et Garfunkel" à écouter sur l'audio !

Pain of Salvation : painofsalvation.com

Hellfest : www.hellfest.fr

 

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*